ConceptBooks ou comment le Netbook devient un service.
Après les Classmate d’Intel, les rumeurs concernant NVIDIA, le multiplatefrome Medion/MSI, VIA annonce l’OpenBook. Une nouvelle plate forme ouverte, ou comment vendre et faire vendre des netbooks à des gens qui n’ont pas les moyens de les créer.
Pour promouvoir processeurs et chipsets, les fondeurs de puces se dirigent vers des solutions de plus en plus pragmatiques, du tout-en-un, permettant à un supermarché comme à un intégrateur de proposer très bientôt un netbook comme il vend des cartes graphiques. Le constat est assez simple, le monde de la production informatique est divisé en 3 catégories aujourd’hui :
- Les concepteurs et fabricants de matériel de base comme les processeurs ou chipsets, créateurs de puces graphiques ou audio, bref les gens qui fabriquent le cœur des ordinateurs modernes. Ces marques sont plus ou moins connues du grand public, elles vont de Intel à Realtek en passant par Creative Labs, AMD, ou VIA. Elles sont généralement riches de grosses équipes de recherche et développement car la conception de leurs produits exige non seulement un énorme travail de recherche et développement mais aussi une prospective permanente des usages et aboutissement de leurs créations.
- Les vendeurs de ce matériel. Des marques comme Dell ou HP, qui font assembler des solutions complètes, ou des fabricants de pièces détachées comme PowerColor, Sapphire ou ASUSTeK qui embarquent des puces des concepteurs sus-cités dans des solutions plus ou moins améliorées.
- Les usines qui fabriquent pour tout le monde ces matériels. Rares sont les marques qui disposent de leurs propres chaines d’assemblage et beaucoup sous-traitent à des usines spécialisées ce travail d’assemblage.
Le problème que rencontre un concepteur de processeur tel que VIA aujourd’hui est assez simple : il faut convaincre les vendeurs d’investir en temps de conception et en marketing dans leur produit. Pas de problème pour des marques comme Creative Labs ou Intel, ils sont leader sur leur marché et leurs puces sont soit très demandées, soit intégrées par eux même. Intel a par exemple annoncé que la production d’Atom était surbookée et que les prochaines livraisons seraient disponibles en novembre pour des commandes immédiates. Pour VIA, chaque client gagné est important et on comprend mieux alors le pourquoi d’une plateforme comme l’OpenBook.
Le VIA OpenBook pris en main par Engadget.
VIA pense séduire les vendeurs de matériels qui trouveront dans l’OpenBook une plate-forme de travail intéressante. On a vu que le Nanobook, équipé lui aussi de VIA, a séduit de nombreuses marques internationales : Packard-Bell et Bélinea pour n’en citer que deux. Mais la petite machine a également su faire son chemin jusqu’à des revendeurs n’ayant habituellement pas de machines à leurs griffes, comme Surcouf.
C’est là le vrai enjeu de cet Openbook : séduire des non spécialistes qui pourront trouver dans cette plate-forme une solution toute faite. Ceux-ci pourront alors se passer du gros travail et des couts énormes que représentent une équipe d’ingénieurs pour proposer un portable sous leur nom. VIA comme Intel proposent des solutions complètes, modulables et adaptables pour tous. Fabricants, marques, revendeurs, l’ouverture sera possible même pour des non spécialistes commes les chaines d’hypermarchés ou les différents vendeurs de sevrices. On a vu aux USA une banque proposer un EeePC 2G surf pour toute ouverture de compte. On a vu en France des opérateurs téléphoniques quasiment offrir un EeePC pour tout abonnement à leurs forfaits.
Et c’est a mon avis la grande force de ces ConceptBooks, permettre à des non spécialistes de faire développer des machines pour une finalité autre que la vente de la machine proprement dite. Aujourd’hui, le marché de la téléphonie mobile est clairement dopé par les opérateurs. Les téléphones mobiles de milieu de gamme n’arrivent pas sur le marché français pour être vendus en espérant faire un bénéfice immédiat sur leurs ventes mais bel et bien comme un argumentaire de service pour vendre des abonnements au même titre que des SMS offerts. Et si les banques en lignes proposaient un OpenBook pour toute ouverture de compte ? Cela parait logique d’offrir le moyen d’acceder au service que l’on propose.
Si le Classmate continue son évolution, si l’Atom d’Intel libère une flopée de plates formes du même genre, si NVIDIA se lance dans la compétition et si d’autres processeurs arrivent également sur le marché, le terme lowcost n’aura même plus d’utilité. Les machines feront partie intégrante d’une liste de services proposés par de multiples sociétés : il y aura des voitures livrées avec un Netbook et une antenne Wimax/3G sur le toit. Des voitures griffées Intel ou VIA comme l’on a eu des voitures griffées Ipod. Des sociétés comme American Express pourront proposer des UMPC pour tout abonnement à leurs services afin de suivre l’activité de son AMEX. Des opérateurs de téléphonie auront une flopée de machines à leur catalogue et bien sur tout un tas de services en ligne s’orienteront vers ces fonctionnalités afin de séduire leur public.
Un UMPC livré pour tout achat d’un pack de 5000 photos chez tel vendeur de tirages en ligne? Un UMPC de contrôle offert pour l’achat d’antivirus en license multipostes. Les exemples varient à l’infini au vu des prix qui s’annoncent sur les nouveaux UMPC.
Cet avenir de l’informatique à cependant deux constantes: l’une logicielle, avec l’émergence de systèmes d’exploitation peu coûteux et adaptés au matériel. On pense donc immédiatement à une vraie irruption linuxienne dans les foyers ou à une ouverture différente de la part de Microsoft sur ses licences, ouverture qui a commencé avec Windows XP Live. L’autre matérielle, car si ces machines auront des processeurs, des assemblages et des composants différents, ils auront tous au moins une connectique suffisante pour se connecter en ligne.
Quelque soit le système embarqué et le type de connexion, l’avenir de ces machines passe par de plus en plus de services en ligne :bureaux virtuels et suites logicielles externalisées.
|
|
VIA présente son OpenBook. |
Le EeePC 900 est désormais disponible en France. Ou presque. |
Articles sur le même thème.
- Asus officialise le S121 : Un ultraportable dans la veine du MSI X320. (7 janvier 2009)
- D-Link présente le SideStage : Un second écran pour portables. (7 janvier 2009)
- LaptopMag.com mets la main sur le MSI X-Slim X320. (7 janvier 2009)
- Avec le EeePC T91, Asus rattrape son retard dans le tactile. (7 janvier 2009)
- Premières images du Sony VAIO P en direct du CES. (7 janvier 2009)






13 Commentaires, Commentez ou faites un Trackback
BadGuigui14
Je trouve vraiment cela dommage pour ton travail Pierre de voir des idiots foncer sur les nouveaux articles et chercher à être le premier sans en lire la moindre ligne.
Je me demande bien quel plaisir cela puisse leur procurer.
Pour ton article il est vraiment très intéressant, on constate bien qu’il va y avoir du choix et de la concurrence pour le matériel et logiciel présent dans les futurs machines. Cependant pour le moment seul le eeePC est présent sur le marché français, et le miniNote qui est déjà aux US.
Encore quelques mois et le marché de l’ultraportable lowcost sera beaucoup plus fourni.
28 mai, 2008 - 16:34
dstati
Très bon article Pierre. De ce pas j’en conclu même QU’IL NE FAUT MÊME PLUS ACHETER UN ULTRA!!! ON VA BIENTÔT LE RECEVOIR…
CHOUETTE!!!
Sinon un mot pour VIA:
Dit les gars, vous êtes derrière Intel et largement, vous avez la chance d’avoir un Proc Isaiah qui surclasse l’Atom (mais pour le moment uniquement). Alors n’attendez pas qu’intel vous rejoigne en terme de performance de proc Atom ou tout autre. Foncez et placez cet Isaiah sur vos OpenBooks en lieu et place de ce vieux C7-M que personne n’en veut. Ne gâchez pas votre chance de prendre des parts de marché à Intel bande de ….
28 mai, 2008 - 16:53
Zanpa
Très bon billet, de ceux qui me font rester sur ce blog alors que je n’ai pas l’intention d’acheter d’ultraportable low-cost.
Et je trouve très bien que ce marché soit devenu un moyen d’intégration de GNU/Linux et d’ouverture aux OS alternatifs
Enfin un marché que Microsoft n’a pas cru bon de maîtriser, et c’est maintenant trop tard =) Les gens savent qu’il n’y a pas que Windows, ce qui était la principale raison du quasi-monopole.
(Un peu hors-sujet :-’ )
28 mai, 2008 - 17:05
avl
PERRE>> d’accord sur toute la ligne. Y compris pour abandonner le terme un peu péjoratif de “low cost”.
Il ne faut cependant pas oublier que les ordi du secteur qui nous interessent ici ne se développeront de façon ouverte que tant que l’incidence du prix de l’OS restera significatif devant le prix de l’ordi (ne soyons pas naif…)
28 mai, 2008 - 17:12
Laurent
Il faut juste espérer pour la planète que ce que tu nous prédit n’arrivera pas. On va tous se retrouver avec des ultra portables à plus savoir qu’en faire…
Merci pour le site et pour tout ce boulot !
28 mai, 2008 - 18:46
raxy
les netbooks sont soumis à la dure lois de l’évolution accélérée des technos.
Faut comparer avec la situation des lecteurs mp3/mp4 en Chine.
Tous le monde en propose à partir de modèles OEM existant, mais quant les annonces arrivent sur le marchés (à ne pas confondre avec sortie réelle sur le marché), les specs techniques sont déjà has been et les vrais connaisseurs rigolent doucement en les lisant.
En terme de vente aux end users, il n’y a plus personne et c’est tout à fait normal car il n’y a pas de production réelle et de toutes façons il n’y a pas d’acheteurs non plus. Les gens préfèrent les marques avec un minimum de suivi.
Acheter de la techno jetable, ok, mais il faut que ca fonctionne impeccablement au moins 1an.
Pas cher veut dire soft baclé donc utilisabilité nulle.
28 mai, 2008 - 18:50
brazz
Merci Pierre, très intéressant article, c’est pour cela que blogee a cette place dans le paysage !
Avec l’arrivée de poids lourds comme l’industrie électronique chinoise (une paille !) dans le matériel, et l’engagement de Ubuntu en ce qui concerne le logiciel, on va avoir une base très solide pour voir l’avenir de petites machines économiques, silencieuses et à très basse consommation.
Je ne sais pas effectivement si on va en arriver à donner des ultramobiles un peu comme des porte clés, mais ce qui est sur c’est qu’on va bientôt assister, c’est vrai à une nouvelle scission dans les matériels: on a eu les serveurs et les desktops, on va avoir en plus les postes lourds, destinés aux travaux du genre (montage vidéo, développements, etc…) et les ultramobiles car pourquoi s’alourdir et alourdir le budget?
Alors, évidemment ça va encore faire des vagues comme toutes les évolutions informatiques qu’on a connu, mais au final ce sera pour le bien de l’utilisateur final, enfin, on est en droit logiquement de l’espèrer.
28 mai, 2008 - 18:55
brazz
@RAXY: le contre exemple parfait, c’est les jetables ! Et pour les softs, il y a en ce moment une réflexion sur les OS déja existants pour ne pas réinventer la roue. En fait le problème, c’est ce qui se pose depuis longtemps mais qu’on ne voulait pas voir (monopole, monopole!) c’est celui du BIOS, à quoi ça sert, est ce que cela a encore du sens de booter en une espèce d’émulation de 8088 ! Les problèmes qu’on a sont justement là: accélerer le démarrage, pourquoi pas en incorporant tout ou partie du système dans le hard, ça existe déja et va se généraliser… et aussi mettre au point un système de fichier pour les “disques” non mécaniques (on ne va pas éternellement émuler des cylindres et des pistes…). Mais comme cela concerne toute l’industrie, les réponses vont arriver très vite, comme pour les téléphones mobiles…
28 mai, 2008 - 19:06
brazz
Il y a “jetables”, il faut lire “(téléphones)portables”
28 mai, 2008 - 19:07
Bud Fox
Pierre, je le dis et le redis, Oracle avec le Network Computer (NC) avait tout compris dès 1996 … Sacré Larry ! Il avait déjà dans sa tête l’Open source et les Mybooo, Deezer, Wizzgo et autres applis Google en ligne, hélas il a été visionnaire trop tôt et cela n’a pas été relayé, le buzz n’existait pas … douze ans, c’était hier pourtant.
Comme quoi il faut vieillir pour se rendre compte que l’on a déjà tout vécu et que tout ce qui arrive a finalement un air de déjà vu …
That’s all folks
28 mai, 2008 - 19:08
jicef
Bonjour,
je suis tout a fait d’accord avec ce qui a été dit plus haut : les ultra portables seront distribués de la même façon que les téléphones portables.
Mais comme les téléphones portables, seront-ils vendus “simlockés”? avec une clé SFR, Orange ou Bouygues?
J’imagine déjà dans 5 ans, dans les cours de récré : “t’as ton eee ? Comment ça , t’as pas d’eee? Mais tu fais comment pour vivreuuuuu?”
28 mai, 2008 - 19:28
exploser
Ouais, mais quand même, de même que seuls les opérateurs mobiles distribuent des téléphones gratuits (les supermarchés ou les banques n’offrent pas de tél portable contre la souscription à leurs contrats), je pense que seuls certains acteurs (les opérateurs mobiles ????) donneront ces netbooks gratuits (quand je dis gratuits, pas vraiment, faudra bien payer l’abonnement).
À la limite c’est pas plus mal, comme le disait je-sais-pas-qui, bonjour l’environnement si on se retrouve tous avec des netbooks gratuits donnés de toutes parts à ne plus savoir qu’en faire …
28 mai, 2008 - 21:17
Adrien
Les UMPC “offerts” sont une nouvelle forme de racket du consommateur : le prix est évidemment inclus dans le prix de l’abonnement à la manière d’un crédit dont le remboursement ne s’arrêterait jamais (sauf à ne plus avoir de connexion).
Exemple de la Finlande où les téléphones portables ne peuvent être offert : il faut acheter son téléphone portable (de 50 à 500€) mais un abonnement (y compris 3G) coûte 0,66€/mois puis 0,069€/min (4€/h). Un forfait 9h et 1000 SMS coûte 20€/mois. La différence ne vient pas des réseaux : 3 réseaux dont la superficie est similaire aux réseaux français pour seulement 5,2 millions d’habitants.
29 mai, 2008 - 15:38
Repondre à “ConceptBooks ou comment le Netbook devient un service.”