
Vous avez peut être entendu parler de la loi Hadopi qui devrait être votée au début du mois prochain et qui condamnerait le téléchargement illégal d’œuvres par une riposte graduée. Plusieurs points me gênent dans cette loi, notamment la manière dont elle sera appliquée.
Demander à une entreprise privée de remplacer la police et la justice pour enqueter et punir est un de ces points. Pour moi la justice est une affaire d’hommes qui regardent des faits et les analysent à la lueur d’un contexte et de preuves. Imaginer qu’un robot puisse surveiller, détecter et décider qui punir à la place d’un juge, sans avoir le moindre droit de se défendre m’est insupportable.
On a déjà vu les dérives des radars automatiques qui flashent des voitures munies de plaques de véhicules copiées. Les propriétaires d’un tracteur, habitant à des centaines de kilomètres du flashage, qui reçoivent une amende et constatent que le nombre de points de leur permis est descendu sous la barre fatidique. Permis perdu, ennuis qui commencent. La justice rattrape évidemment son erreur dans ces cas là, même si pour cela il en coûte temps et argent aux vrais propriétaires de la plaque d’immatriculation. Mais dans le cas d’un téléchargement illégal ? Comment prouver sa bonne foi ? Je suis toujours surpris lorsque je me balade avec un netbook, de voir combien d’entreprises, combien de particuliers en France, laissent leur connexion wifi ouvertes aux quatre vents. Souvent j’ai pu me connecter sur des machines absolument pas sécurisées, exploitant un modem routeur ou le login et le mot de passe étaient ceux d’usine. Me connecter sur un de ces réseaux était très simple, en profiter pour télécharger un mp3 illégal aurait été un jeu d’enfant. Et pourtant ce sont les propriétaires de la connexion qui risquent de recevoir un email. On leur précisera éventuellement qu’il faut protéger leur connexion. Malheureusement, peu sauront le faire et encore moins le feront. Est-ce que je risque quelque chose si l’on me vole ma voiture pour l’utiliser dans un braquage ? Non. Est-ce que je risque quelque chose si l’on vole et utilise mon chéquier pour acheter un DVD dans un magasin ? Non. Dans les deux cas une enquête, un jugement humain, déterminera qui est responsable. Le robot qui enverra ses 10 000 emails par jour ne sera évidemment pas aussi regardant.
Jusqu’à présent, pour accuser quelqu’un, des hommes étaient en charge de prouver sa culpabilité ou de réunir tout du moins un faisceau de preuves suffisant pour le confronter à la justice. Depuis peu, un numéro de plaque d’immatriculation est suffisant pour faire de vous un délinquant de la route. Bientôt on assimilera une adresse IP à ce même présupposé délinquant. Un ordinateur à un être humain. L’outil à son acquéreur et non pas l’outil à son utilisateur.
Les vrais pirates, les gros, ceux qui téléchargent en masse ne seront pas inquiétés, les parades sont légion : Le contournement des mesures de protection est assez simple pour quelqu’un maîtrisant la technologie et les outils de cryptage. Le Peer-to-Peer ne fonctionnant bien que si un grand nombre d’utilisateurs l’adoptent, les plus malins auront tout intérêt a faire de leurs outils de cryptage ultra sécurisé des logiciels destinés au plus grand nombre. Comme on l’a déjà vu auparavant, les changements de règles amèneront à un changement de fonctionnement des utilisateurs. Les industriels le savent très bien, ce n’est pas vraiment un problème pour le public qui finit toujours par s’éduquer. Ce que veut le gouvernement avec la loi Hadopi est assez simple, faire plaisir à une industrie du disque qui pleure sur sa gloire passée.
Le but n’est pas de résoudre le problème, le but est juste de laisser assez de temps à cette industrie pour quelle puisse se réveiller des années de torpeur dont elle n’arrive pas a se dégourdir.
Et gagner du temps c’est assez facile, il faut faire peur aux utilisateurs novices, faire peur aux parents qui ne surveillent pas ou peu leurs enfants et à tous ceux qui téléchargent. On peut ainsi laisser assez de temps aux industriels du disque pour préparer enfin une alternative au téléchargement illégal. Car voilà le fond du problème, le piratage illégal n’est pas un phénomène isolé d’une poignée de pirates, c’est la norme. Pas un policier de France, pas un juge de France, pas un de ces musiciens qui crient au pillage n’est blanc comme neige. Tout le monde a une copie pirate à la maison. Une cassette audio, une cassette VHS, un Divx ou un mp3. Je ne parle même pas de les posséder consciemment, il suffit d’avoir un adolescent chez soi, et de ne pas avoir envie de lui faire les poches quand il rentre de l’école. De se lasser de scanner son baladeur MP3 pour qu’il se remplisse de centaines de titres illégaux. Largement plus que de quoi se faire pincer et supprimer son abonnement à internet.
C’est là le vrai problème du piratage pour l’industrie du disque en France : c’est simple, c’est facile et c’est généralisé. Pire, c’est aussi tendance que les outils qui exploitent la musique et la vidéo numérique : baladeurs MP3, téléphones mobiles et netbooks. La tentation est trop forte et donc tous les consommateurs sont considérés comme des pirates de facto.
J’écoutais il y a peu Pascal Nègre sur LCI radio expliquer qu’il était contre la licence globale parce qu’elle était injuste. Des personnes n’écoutant pas de musique et exploitant une offre ADSL seraient taxées pour rien. Mais pourtant la licence globale existe déjà, vous ne vous en rendez pas compte mais elle est appliquée depuis plusieurs années parce que l’on vous juge coupable par défaut, en tant que consommateur. Oui la licence globale existe, mais dans l’autre sens, parfaitement injuste, parfaitement culpabilisante, parfaitement juteuse. Lorsque vous achetez un disque dur, une carte mémoire, un baladeur mp3 ou un CD vierge, vous donnez des sous à l’industrie du disque. Pourquoi ? Parce que vous pourriez vous en servir pour enregistrer un contenu illégal. Je parle bien de possibilité et d’une taxe qui ressemble pourtant bien à une amende. Lorsque vous achetez une carte mémoire pour votre appareil photo numérique, que vous déchargez l’appareil sur votre disque dur puis que vous gravez vos clichés sur un CD vierge, vous payez 3 fois la taxe sur la copie privée sans pour autant avoir la moindre exploitation musicale. N’est-ce pas aussi injuste que la Licence Globale ? Vous êtes jugés coupable lors de votre achat pour un délit que vous ne commettrez peut être pas. Mieux que Minority Report non ?
Ce genre de situation, ou la population entière était soupçonnée de fait, a déjà existé à plusieurs reprises en France. On a connu une époque ou malgré des sanctions autrement plus sévères qu’une coupure de ligne ADSL étaient inscrites dans la loi, les Français mettaient leur vie en danger en trafiquant du sel. Vous vous souvenez de la Gabelle ? Cet impôt sur les français et leur consommation de sel ? A une époque où la salaison était indispensable pour la conservation de la nourriture et donc la survie de tous, la tentation d’en faire la contrebande était très forte. Le sel était taxé de façon différente d’une région à l’autre, des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants étaient arrêtés chaque année, condamnés à de lourdes amendes, au fouet ou aux galères.
Le problème était assez simple : Le sel produit était redistribué de façon injuste à cause d’un impôt royal. Il était vendu par des fermiers qui l’entreposaient dans des greniers à sel avec l’aval du Roi. Le fermier payait en amont au Roi le droit de vendre ce sel déjà taxé aux habitants. Libre à lui alors de récupérer son avance en pratiquant la politique de vente de son choix. Les Français pouvaient donc choisir de payer légalement leur sel à leur fermier attitré, ou faire de la contrebande en l’achetant en toute illégalité à celui d’une région voisine qui pouvait être vingt fois moins cher. Malgré des promesses d’amende assez lourdes, malgré le bourreau et son fouet, malgré les galères pour des années en cas de récidive, voir la mort pour certains, la contrebande était incessante, permanente et généralisée. Les hommes des fermiers du Roi outrepassaient les maigres droits de l’époque, pénétraient dans l’intimité des maisons et fouillaient les particuliers alors qu’il n’était ni hommes de justice ni même à son service. Il s’agissait d’entreprises privées qui exerçaient la justice pour leur profit. A la révolution, en 1789, la Gabelle a été supprimée. Les cahiers de doléances relayaient à longueur de pages cet impôt comme l’un des plus injuste qui soit. Pendant des siècles, cet impôt a existé et pendant des siècles il a été piétiné car il n’était pas considéré comme juste. Croyez vous qu’en 2009, les français trouveront une justice dans un système policier privé qui, en plus de nuire à vos libertés, pourrait vous accuser à tord sans que vous ayez les moyens de vous défendre ?
Cette loi ne changera rien, nous le savons tous déjà. Il est trop tard pour revenir en arrière. Jamais personne n’a pu endiguer la copie de cassettes audio lorsque j’étais enfant, une clé USB contient des centaines de cassettes audio. Au mieux l’échange se fera à l’ancienne, à la main, dans les cours d’école ou au travail. Au pire les pirates exploiteront le must des technologies de partage, de cryptage et d’asservissement d’autres ordinateurs pour télécharger ce qu’ils veulent. Non seulement tout cela coûtera extrêmement cher au contribuable mais cela ne servira a rien, cela ne rapportera pas un centime aux artistes.
Parce que l’enjeu est là, on parle d’industrie du disque mais le disque est déjà mort. On parle des ventes de DVD ou de BluRay mais ces industries sont également déjà dépassées. Télécharger un DVD ne fait techniquement plus peur a personne. Télécharger un album ne prend que quelques minutes. On est déjà passé de la vente de chanson en gros avec des CD ou un seul titre correct était arrosé de 10 chansons médiocres, le tout pompeusement baptisé album, pour arriver à la vente au détail ou l’on pioche le titre de son choix. A terme il n’y aura guère plus que la qualité qui se vendra et ça, c’est un gros problème pour l’industrie du disque. Il est évident que pour une maison de disque, miser le gros de son année sur quelques artistes et les propulser en haut des charts est bien plus rentable que devoir travailler de la même façon avec plusieurs dizaines d’auteurs. Il vaut mieux un gros plan média sur un chanteur déjà reconnu qui vendra des centaines de milliers d’albums plutôt que de traiter tout le monde sur le même plan et voir ce que le public appréciera le plus. Manque de bol, cette façon de travailler n’est plus aussi évidente qu’avant. Les artistes sont même en train de se rendre compte qu’en enlevant les maison de disques entre eux et le public ils pouvaient gagner des fortunes en conservant une liberté de création totale. Avent c’était un peu plus difficile, les home studio n’existaient pas, fabriquer sa musique coûtait cher. Aujourd’hui c’est beaucoup plus simple et un artiste doué peut en quelques heures créer, enregistrer et mettre en vente un titre sur une plate forme comme iTunes. Les éditeurs de logiciels l’ont bien compris et certains gagnent déjà fortunes en exploitant ces systèmes de vente directe comme l’AppStore d’Apple. Lorsque la génération MP3 arrivera à l’âge de produire ses propres créations, les maisons de disques seront définitivement mortes.
L’industrie du cinéma s’en sortira toujours, fabriquer un film coûte cher et supporte mal l’amateurisme, tout du moins volontaire. Mais on a vu l’augmentation sensible de la fréquentation des salles obscures en France malgré les agissements des méchants pirates. On a vu aussi que les internautes ont tendance a télécharger plus facilement un mauvais film sur leur petit écran qu’un bon qu’ils iront voir au cinéma avec délectation. Là encore la qualité prime, ce qui est également un problème pour une industrie habituées a relever chaque été un énorme filet de spectateurs ferrés avec des films creux et généralement très mauvais.
Et quand bien même ces industries disparaissaient ? Cela ferait des milliers de chômeurs entends t-on comme argument imparable. Oui, c’est dommage que l’industrie du disque n’aie pas réagit à temps et décollé leurs oreilles de la grosse tirelire qui tintait a chaque fois qu’ils propulsaient une star éphémère sur le devant de la scène pour s’intéresser de plus prêts aux musiques navrantes qu’ils pressaient sur leurs galettes. Qu’ils n’aient pas pensé plus tôt a diversifier leurs offres, proposer des MP3 légaux, pas chers et sans DRM. Avec du recul, chaque étape de leur arrivée sur le web ressemble à un calvaire. Ils ont d’abord expliqué que le MP3 était forcément illégal, ensuite que le MP3 était forcément de mauvaise qualité. Ils ont ensuite admis que le MP3 pouvait être un bien si il était truffé de protection anti-copie et plus cher que l’album physique du même chanteur… Pour enfin se rendre à l’évidence que leur survie ne tiendrait qu’a une offre d’exploitation logique des fichiers. Si ils étaient rentrés sur le marché avec ce raisonnement à l’époque de Napster, l’industrie du disque serait rebaptisée en industrie de la musique électronique et des milliers d’emplois seraient conservés.
Et quand bien même ces emplois disparaissaient, est-ce qu’on a créé une loi pour donner quelques centimes aux mineurs de charbon à chaque fois que chacun actionnait un interrupteur exploitant de l’électricité produite par le nucléaire ? Est-ce qu’on a forcé les gens a continuer d’acheter du charbon quand le fil électrique pouvait leur fournir l’énergie dont ils avaient besoin ? Non. Le gouvernement a laissé les mines se fermer les unes après les autres, sans vraiment réagir plus que ce qu’il fallait pour qu’il n’y ait pas trop de vagues. Des régions entières abandonnées au chômage parce que leur industrie était dépassée. Les propriétaires de ces mines avaient quand a eux senti le vent tourner et investit très tôt dans d’autres secteurs ayant plus d’avenir. Seuls les mineurs ont trinqué. L’industrie du disque est confrontée au même probleme. Pendant des décennies son rôle a eu du sens car elle épaulait, aidait, travaillait pour que la musique aille du créateur aux oreilles du public. Avec l’arrivée d’Internet l’industrie du disque se retrouve comme un parasite sur la chaine et sait qu’elle mourra si son hôte meurt. Elle tente donc tant bien que mal de se ré-intéresser aux concerts qui avaient été abandonnés parce que pas assez rentables. Ces amoureux de la musique qui abandonnent les artistes qui ne vendent pas assez leur dernier album même si ce musicien leur a rapporté des sommes colossales dans le passé. Ils redécouvrent, après je ne sais combien de compilations de musique sans ambition ni talent, qu’un album dans lequel on investit un tant soit peu en création graphique se vends mieux qu’un album dont on peu télécharger la couverture en deux clics.
Cette loi ne servira à rien ni à personne. Ni aux internautes qui vont découvrir les joies de la censure Nord Coréenne avec des listes blanches de sites accessibles. Ni aux maisons de disques qui devraient essayer de se rebaptiser tout de suite en managers d’artistes pour avoir un semblant d’avenir. Ni aux musiciens qui semblent ignorer que non, on achètera plus comme on achetait il y a quelques années encore, leur musique. Mais surtout cette loi est profondément injuste dans son fonctionnement, liberticide et dangereuse.
Pour en savoir plus, visitez le site de la quadrature du Net.





Personnellement je suis prêt à payer pour un disque de qualité. Malheureusement combien le sont réellement ? Trop peu hélas.
En musique classique le SACD a commencé à faire une percée avant d’être plombé par l’industrie du disque elle-même. Elle lui a très vite opposé le DVD audio qui offre une qualité sonore équivalente, mais qui lui ne dispose pas de piste lisible directement par un lecteur de CD classique. Des lecteurs de qualité acceptant les deux types de médias sont à des tarifs prohibitifs pour le grand public.
Quelques éditeurs indépendants continuent à en sortir quelques-uns.
Lorsque l’on dispose d’un bon matériel hifi il n’y a pas photo entre un bon enregistrement et un médiocre.
Nicolas Bartholomée, Philippe Müller ou Brad Michel ont réalisé ou supervisé des enregistrements de toute beauté. Jordi Savall a lui monté son propre label afin de pouvoir éditer plus facilement des SACD de la plupart des œuvres qu’ils a supervisées ou dirigé directement. Avec d’autres passionnés ils tirent la qualité vers le haut.
À contrario j’apprécie quand une maison de disque sort une compilation correcte de l’intégralité de l’œuvre d’un artiste tombé dans le domaine public depuis longtemps à bas cout.
Je pense cependant que ce qui a discrédité l’industrie du disque c’est la disproportion qu’elle a entretenu pendant des années entre les couts de production et les prix de vente. Si elle avait baissé davantage le prix des CD de qualité médiocre le piratage n’aurait pas été rentable.
À un autre niveau la politique de la SACEM est aussi peu justifiable que celle des majors.
Quand lors d’un évènement musical une association débourse une dizaine de milliers d’euros pour payer directement une prestation à des musiciens pour un concert, elle surajoute le versement d’une taxe de plus de mille euros (soit disant pour rétribuer ces mêmes musiciens, dans les faits j’aimerai savoir combien exactement elle leur reversera et quand.
J’ai participé en tant que choriste il y a dix ans à l’enregistrement d’un CD au sein d’une association. À ce jour la SACEM n’a toujours pas reversé un euro à celle-ci.
JP4U
Pour que la sacem paye quelque chose, il faut que ces artistes soient déja inscrits chez elle… moyennant finance !
Je ne suis pas d’accord avec toi sur a loi Hadopi même si ton article est très pertinent. On ne trouvera jamais une loi qui puisse satisfaire tout le monde. L’internaute lambda sera toujours contre toutes atteintes à sa liberté individuelle et les entreprises voudront toujours protéger leurs poules aux oeufs d’or.
La riposte graduée est plutôt une bonne loi car avant cette loi donc aujourd’hui, tu peux être condamné à des fortes amendes voir même une peine de prison. Bien sûr que les informaticiens ne se feront pas piqués cela dit renseignes toi un peu tu verras que ce sont des non informaticiens qui sont les premières victimes des majors, cette loi permettra de les protéger un peu. Plutôt que de voir débarquer les flics, je préfère recevoir un avertissement et si c’est mon voisin qui s’amuse à pirater mon réseau ça sera pour moi l’occasion de passer au TKIP + Firewall…plutôt que de passer chez un avocat après convocation du juge.
Pour les radars automatiques, il y a un panneau de 4m x 3m qui indiquent leur présence. La question est simple : si on ne voit pas un panneau de cette taille, comment on peut voir un enfant 20 fois plus petit qui risque de traverser la route ? Au lieu de se plaindre, les victimes des radars fixes devraient sérieusement se poser des questions sur leurs capacités à conduire un véhicule en toute sécurité.
Actuellement, avec la facilité du piratage et une loi qui tarde à venir, une grosse partie des internautes pense que pirater est légal, car ils ont payé leur connexion internet. Les droits d’auteur sont considérés comme des taxes à payer par les riches (et on n’est jamais riche même si l’on gagne 5000 € par mois).
Ce que j’approuve dans cette loi c’est la riposte graduée : Recevoir un E-mail, puis une lettre, c’est toujours mieux qu’une perquisition avec à la clé, une amende de 10 000 € (ce qui existe actuellement).
J’espère juste que les FAI proposeront une option permettant de bloquer les téléchargements illégaux à la manière d’un filtre parental.
La liste blanche, cela ne va pas être triste, les accès wifi ouvert des hotels sont un outil indispensable pour un grand nombre de professionnels et quant aux étudiants qui doivent faire des recherches n’en parlont pas.
Une liste noire aurait été un peu moins débile
« les cons ils osent tout, c’est même à ça qu’on les reconnait » Audiart
il est illusoire de penser qu’empecher les gens de télécharger va rebooster les ventes !
Perso si je télécharge c’est parce que j’ai pas les moyens d’acheter films et musiques !
La crise est passé par là déjà mon budget bouffe est pas terrible !
La culture est devenu gratuite gràce à internet et je trouve cela normal car la culture pour tous c’est ça la vrai démocratie !
Je profite de ce billet pour feliciter le redacteur de ce blog, bien realiser et souvent à jour…
Et j’en profite aussi pour le remercier de cette analyse qui a mon sens resume bien la situation du sois disant piratage et de ses conséquences…
On ne peut lutter contre un piratage de masse a moins de developper de vrais avantages comparatifs economiques, une vraie plus value…bref redonner au gens l’envie d’acheter un produit qui leur procure un vrai plaisir au dela du pur lien marchand.
Malheureusement, je sais qu’un CD d’occasion ne profite pas à l’artiste, mais quand celui çi coute 30€ neuf, ou n’est plus disponible…
je suis pas d’accord !
le CD d’occaz ETAIT neuf, donc l’artiste a touché sa part
celui qui vend le CD va tres certainement achetter un autre à l’aide de l’argent récolté
=> un autre artiste ou le meme touchera de l’argent
faut arreter le délire de penser que l’occaz c’est mal…. c’est seulement les grand patron AVARE qui sortent cet argument bidon
Batataw je pense que t’as pas lu l’article pour dire ce que tu dis….
la peine en elle meme est presque acceptable (se faire couper du net c’est nul … une amende aurai été mieux…)
c’est plutot la methode employé, tu est coupable sans reel moyen de prouver que tu ne l’est pas …
donne moi ton adresse IP le jour ou cette loi sera voté et tu regrettera ne pas avoir droit à un jugement …
d’autre part pierre souligne quelque chose d’important avec la gabelle … c’est pas au gouvernement de faire des lois qui rendent tout le monde coupable, mais plutot aux industries du disque de s’adapter au lieu de criéer au scandale dans les 10 ans des qu’une nouvelle technologie sort (radio, tv, k7 audio puis video et maintenant internet ….)
concretement avec cette loi tu as plus de chance de te faire prendre et en plus tu sera coupable meme si t’as rien fait
moi je prefere le systeme actuel, si je me fait prendre, je pourai d’une part prouvé que c’est pas moi (ou plutot c’est a la partie adverse de prouvé que c’est moi) et d’autre part si c’est uniquement pour un usage personnel le juge peut etre clément….
alors que le nouveau systeme tu recois un mail (sur quel compte ??? celui de mon FAI que j’utilise jamais car j’ai un autre compte indépendant) … et je paris aucun lien pour suivre une procédure de réclamation
ensuite un recommandé… ok la tu peux toujours tenter de leur répondre, mais vont ils enlever ton nom de leur liste ??? j’ai comme un doute
et enfin on te coupera internet
le plus drole c’est que cette loi n’enleve PAS la loi actuelle
rien leur interdit ENSUITE de te coller un vrai procès … mais ils ne le feront pas (trop de risque de prouver qu’hadopy s’est trompé)
Très très bel article. J’en profite pour dire que le P2P est certainement le futur de la mise à disposition de contenus culturels numériques (musique, jeux vidéos, films) : le coût lié à l’exploitation des serveurs est presque nul, la popularité d’un fichier fait son accessibilité instantané (récemment j’ai mis seulement 21 minutes pour télécharger le CD d’Ubuntu avec le protocole bittorrent, un film ça met typiquement 1 heure lorsqu’il vient de sortir et bien partagé).
J’ai pas les moyens pour acheter des DVD que je ne regarderais jamais plus de 5-6 fois ; et la VOD en HD et VOST à prix minimal ça m’intéresse. Cette semaine je suis allé voir Benjamin Button au cinéma et je n’ai pas regretté les 6 euros parce que j’y suis allé avec des amis et que c’est un bon film.
Les dinosaures sont morts parce qu’ils étaient plus adaptés, pourtant ils étaient au sommet du règne animal. Les maisons de disque n’ont rien compris et tentent de sauver les meubles.
« Mais, c’est une révolte ? »
« Non Sire, c’est une révolution »
Puisque le commentaire d’Alain parle d’adresse IP, il y a une chose trés bizarre me concernant.
Il y a plein de site indiquant la provenance des visiteurs et je suis toujours identifié comme étant d’une région ou je n’ai jamais mis les pieds dans le 21 alors que j’habite à Paris en plein 16eme, idem en laissant un commentaire … sur mon site.
C’est une chose que je ne m’explique pas et qui est génante quand je dis habiter Paris et que l’on me traite de menteur mon ip indiquant un trou perdu en Bourgogne.
Si quelqu’un a une explication !!!
Tout ça pour dire que comme indiqué par Pierre il risque d’y avoir pas mal de dérapage.
oups !! c’est menteuse pas menteur !!
Encore un excellent article que j’ai imprimé pour que mon père et ma mère le lisent. J’avais déjà essayé de leur expliquer le problème sans avoir jamais d’exemple véritablement concret et sans être à même de leur donner une explication digne de ce nom. Voilà qui est fait grâce à Pierre. Thanks mate!
l’industrie du disque qui pleure… pourtant iTunes marche bien, la baisse des ventes des CDs n’est pas à mettre sur le dos du piratage à 100%, pas mal de monde achète directement en numérique, il y a aussi les sonneries, bref l’industrie du disque ce fait encore pas mal de thunes ! crise ou pas les actionnaires des grandes multinationales récupèrent toujours des dividendes à la fin de l’année, et si il y en a pas assez on licencie un peu et on gagnera un peu plus l’année prochaine (et on touchera des subventions pour réembaucher au passage).
@JP4U : tiens, en parlant de SACEM, on a dû fermer notre webradio car la SACEM nous réclamait plusieurs dizaines de milliers d’euros. Forcément, on les avait pas car on avait environ mille euros tous les ans récoltés par les l’inscriptions des membres et les dons, et cette somme servait à payer les serveurs (web/diffusion/…).
2ème problème : ils nous réclamaient de l’argent alors qu’on ne diffusaient pas une seule chanson française, mais uniquement de la musique « libre ».
Merci la SACEM d’avoir bousillé notre association.
@Young : les panneaux des radars ne font pas 4×3, ils sont beaucoup plus petits.
Et tu vois souvent des enfants sur l’autoroute toi ? Si oui, si quelqu’un roule à 200 ou 130 (ou même 110), le résultat sera le même.
Pourquoi en Allemagne ils ont moins d’accidents qu’en France ? Peut-être parce qu’ils sont mieux éduqués, non ? Les français roulent n’importe comment, et ce n’est pas les radars qui vont changer quelque chose.
@un gars perdu : c’est juste que la base de données faisant la correspondance IP -> région n’est pas à jour, ce n’est pas grave, ça ne change rien au problème exposé dans l’article.
Nan c’est juste que l’homme normalement constituer sait regler sa vitesse suivant le danger de la route, je l’ai lu il y a quelque mois dans « option auto » il me semble
à Olivier, merci pour l’explication !
je pense qu il y a meprise de bcp sur HADOPI
le piratage sera touours l objet d une plainte, hadopi est plus vicieux que cela : ce n’est pas le fait de telecharger qui est puni mais que la ligne soit non protegee.
et pour ne pas avoir ce « dilemne » hadopi indique qu’il faut avoir mis un espion officiel avec log . et c’est cette log qui permettra d aller en justice…
en clair soit vous mettez pas notre espion, et toute apparition de votre ip quelquepart sera votre faute, meme si vous n’avez rien pirate… soit vous avez l espion et vous alle pouvoir poruver en justice que rien n’a ete pirate…
donc que ce soit votre ip ou pas n’est pas le probleme d’hadopi : vous avez l’espion oui ou non est le seul sujet qui compte … je sens la virtualisation arrriver a grand pas moi
en clair on a le rasage double lame : hadopi (sans passer par la jsutice) + justice eventuellement
Merci et bravo à Pierre pour ce texte passionnant et agréable à lire, on voit bien que c’est l’oeuvre d’un littéraire
.
Avant de s’appeler « piratage » et d’être puni par la loi dans notre Occident épris de liberté, la transmission d’oeuvre de main en main s’appelait Samizdat en Union Soviétique et s’était un acte de résistance. De curieux parallèles se dessinent.
L’espion sert à rien, si tu partages ta connection l’espion verra juste que t’as dl tel ou tel truc mais ne verra pas que ce n’est pas toi « physiquement » qui l’a fait. Bref totalement useless
Ping : desvigne.org » Blog Archive » Embrasons-nous…
Bravo pour l’article.
Le gouvernement semble oublier qu’on ne doit pas confondre téléchargement et illégalité, puisque si on a les droits (par ex je télécharge Ubuntu sur mininova.org), c’est légal.
Je ne comprends pas comment ils ont pu imaginer une loi pareille, si ce n’est pour nous contrôler tous et savoir nos opinions.
Et il paraît qu’on est en démocratie.
Encore merci.
Imprimez tous ce billet et ses commentaires, et envoyez en un exemplaire en recommandé à 5 députés ou sénateurs choisis au hasard.
Je suis pas forcément d’accord avec tous tes arguments et la façon dont tu les développes (par exemple la comparaison avec les radars… ) mais je suis d’accord avec vous tous contre cette loi injuste…
Premièrement je ne pirate jamais, je n’ai pas un film ni une chanson sur mon disque dur, je ne vois pas pourquoi je paye des taxes à l’achat des disques durs ou cd vierges qui sont reversées à des artistes à la noix tout juste capables de se la péter sur des plateaux télé, et qui gagnent des fortunes avec notre argent injustement prélevé…
Deuxièmement à la télé ou à la radio ils se font spécialement inviter pour faire du lobbyisme pour ces lois, et nous qui ne sommes pas d’accord n’avons jamais la parole, c’est incroyablement antidémocratique…
Troisièmement, à l’époque de Molière il n’y avait pas de droits d’auteurs, ça ne l’a pas empêché d’écrire des chefs d’œuvres, alors qu’on ne nous dise pas que sans droits d’auteurs il n’y aurait plus de création artistique… Je suis contre les droits d’auteur…
Quatrièmement je me rappelle qu’en 1997, lorsque les journalistes interrogeaient les artistes et les maisons de disque sur la musique en ligne, ces artistes et agents répondaient que la musique en ligne n’avait pas d’intérêt, qu’ils allaient investir, mais de façon marginale, que rien n’allait fondamentalement changer, qu’il n’y voyaient en Internet ni une opportunité ni un danger… Bref, à l’époque, beaucoup ne savaient même pas ce qu’était Internet, et ils se gaussaient de ceux qui les invitaient à faire évoluer leur métier… Du coup, ils n’ont rien fait, et sont maintenant en train de pleurer… Je me rappelle qu’à l’époque je me disais : « Quels idiots, quels incompétents, ils n’ont rien compris et préfèrent rester sourds, il ne faudra pas qu’ils viennent pleurer dans quelque années… »…
@exploser : J’ai personnellement passé plusieurs heures avec de gens d’UGC France a leur expliquer qu’avec le Divx naissant, il allait leur arriver la même chose qu’avec le MP3 et la musique. On m’a rit au nez. « Le jour ou on téléchargera des DVD sur internet ah ah ah ». Aujourd’hui ils s’en mordent les coudes je pense.
Ping : P2P - Loi Hadopi en France « Esprit Logique
Ping : Alliance Numerique Citoyenne » Black-Out Hadopi
Ce qui fait de l’argent aujourd’hui n’est plus la vente de CDs mais plutôt les tonnes de produits dérivés autour des artistes: la liste est très longue: du t-shirt, à la sonnerie de GSM en passant par les sacs, plumier et fardes pour les écolier, les poster, les licences SING Star, les clips et les Karaokés, j’en passe et des meilleures… L’industrie du disque l’a bien compris et ce depuis longtemps… je crois juste qu’elle fait tout pour garder des bénéfices sur ce marché qui n’est pas encore tout à fait mort: même l’agonie ça rapporte: pour gagner de l’argent, il n’est jamais trop tard.
Pour ce qui est des artistes, le seul moyen de subsister est d’être bons sur scène, ce sont donc dans les tourneurs que les maisons de disque investiront. La communication/promotion et le marketing restera aussi dans leurs priorités.
Le but de l’industrie musicale étant de tout de façon de diffuser les oeuvres (produits) au maximum quitte à faire différentes versions (live, Radio Mix, single,…) peu importe la qualité des arrangements.
Cela explique aussi le volume sonore des titres actuels qui effacent toutes les nuances à grand coup de compresseurs et de limiteurs ainsi que l’aspect ultra-rythmé de certaines chansons (basses sur tous les temps, jouées par des machines qui, par ailleurs ne laissent aucune liberté ou respiration rythmique aux morceaux, pourtant je n’ai rien contre les machines dans la musique, loi de là…), car plus le titre est joué fort par les radios plus il a des chances de « passer au dessus » du reste et donc de la concurrence. Du coup, plus personne ne respecte plus la musique, on ne l’écoute même plus vraiment, elle est devenue bruit de fond, qu’on zappe à tours de bras puisqu’il faut quand même avoir le temps d’écouter les 50 autres gigas de musique qu’on a sur l’ordinateur. On fait venir des gens à des soirées dansantes qu’ils paient au prix fort mais il ne faut surtout pas que la musique soit difficile à danser donc, on simplifie et on empèche les gens de penser à grand coups de décibels (ce qui arrange bien l’industrie des amplificateurs et des baffles d’ailleurs…)
A force de déséduquer les gens, on leur enlève leur sens critique envers ce qu’ils entendent. Pour moi, une des solutions au problème serait que la société se réapproprie la musique, chanter c’est gai, les fausses notes un peu moins mais on est tous capables d’apprendre, la musique à l’école et même dès le berceau n’est plus une réalité pour beaucoup d’entre-nous. Je ne connais que peu de jeunes parents qui osent chanter des berceuses à leurs enfants et qui les chantent encore correctement, mais il est vrai que face à des production musicales « parfaites » et retravaillées à l’ordinateur, il y a de quoi les faire complexer.
Pourtant, on a besoin de notre culture, MTV n’est pas une mère qui chante les berceuses ni une source de chansons pour les enfants.
La loi dont vous parlez ne me concerne pas directement puisque je suis belge mais en tant que guitariste je ne peux que m’indigner de ce qu’il se passe pour le moment en France.
La culture coûte cher, surtout la production, j’en suis conscient, mais je trouve qu’elle doit revenir aux gens, quand un spectacle est produit, une partie du coût doit revenir à l’éducation ou à des populations qui ont moins accès à la culture. C’est sur ce point là qu’il faudra être intransigeants, peu importe si on vend 3 iPods de moins sur l’année!
La musique sans les droits d’auteur c’est peut-être difficile à imaginer puisqu’une profession ne peut pas vivre de rien (je pense surtout aux compositeurs, paroliers, arrangeurs et songwriters qui ne font pas de scène… eux existent aussi et vivent des droits d’auteur: que serait la chanson française sans Pierre Delanoé, surtout lorsqu’on voit la liste de chansons qu’il a écrites…) mais j’ai beaucoup plus de mal à imaginer les droits d’auteur sans la musique et des fois j’ai l’impression que certains aimeraient ça, ce qui est un comble…
Voilà mon point de vue sur la musique en ce moment, j’avoue que prendre les gens en otage avec une loi c’est la solution la plus facile, mais elle ne profite pas à tout le monde c’est à dire à la société qui elle est en manque cruelle de culture et de reconnaissance.
La musique c’est l’instant, l’instant c’est la vie et la vie n’a pas de prix. Les hommes ont besoin de cette folie là.
Merci pour l’article, je crois que cette problématique est très compliquée surtout parce qu’elle dépasse largement le cadre de l’industrie, d’internet etc., il y a là aussi des questions de société qui demandent une remise en cause et une prise de recul assez importante. Ces questions que beaucoup nient ou auxquelles ils tentent de répondre simplement par de la poudre aux yeux démagogique.