La Délégation aux Usages de l’Internet vient de publier un livre blanc intitulé « Seniors et tablettes interactives » qui donne toute une série de recommandations à destination des constructeurs et des concepteurs de services afin de, je cite, « faciliter l’appropriation des outils et services mobiles par les utilisateurs seniors » : il est basé sur la fameuse étude lancée à grand bruit en juin 2010 par le gouvernement avec divers partenaires, en particulier le LUTIN (Laboratoire des Usages en technologies d’informations numériques) et l’association Silicon Sentier.
C’est une drôle d’étude pour un drôle de document : l’échantillon de personnes étudié est tout petit, surtout compte-tenu de la disparité d’âge et de difficultés attendues des personnes, et elle contient des impasses proprement incompréhensibles (en particulier les recommandations matérielles sont quasi nulles, qu’il s’agisse de la taille des tablettes, de leur format, du type de dalle ou de l’ergonomie des boutons physiques). Sans compter que vu la rapidité d’évolution matérielle et logicielle elle est presque déjà obsolète sur certains points.
Mais elle n’en reste pas moins très intéressante, non seulement pour le public directement visé, mais me semble-t-il aussi pour tous ceux d’entre nous qui se sont déjà posés la question de se servir d’une tablette pour faire entrer une personne âgée de leur entourage dans le doux monde de l’informatique, d’autant que les problèmes et les solutions souhaitées/proposées sont très concrètes et peuvent nous orienter à chaque étape. Même si ce n’est absolument pas le propos initial, je le répète.
Si vous souhaitez vous lancer dans cette aventure, peu de renseignements existent sur la toile, et je ne peux que vous engager à lire ce document en détail : il est loin de répondre à tout, mais peut constituer une aide précieuse pour commencer à réfléchir.
Reste que ce livre blanc ne reprend pas l’ensemble des éléments recueillis auprès des personnes et leurs formateurs : d’autres résultats publiés préalablement en janvier et mars, interprétés plus ou moins positivement selon les sources montraient que si la courbe d’apprentissage est globalement meilleure qu’avec les ordis, en revanche les personnes rapportaient 2 obstacles importants à l’adoption des tablettes : le prix, mais également des difficultés à trouver un intérêt suffisant à la chose… Si vous vous lancez, c’est donc par une démonstration fascinante des usages de l’engin qu’il vous faudra commencer
En sachant que la première chose qui se dégage clairement de l’étude, c’est que si l’objet tablette est donc moins intimidant et plus facile d’accès qu’un ordinateur classique, vous pouvez de suite oublier l’idée d’une prise en mains autonome rapide, vous et la personne concernée partez visiblement dans une démarche de longue haleine, autant dire qu’il vous faudra une sacrée motivation.
A mon humble avis, s’il n’y avait qu’une chose à bien retenir du document, ce sont les particularités de fonctionnement physique et intellectuel des personnes âgées par rapport aux personnes plus jeunes, même si elles sont évidemment extrêmement variables d’une personne à l’autre et en fonction de l’âge, dans la mesure où le reste en découle logiquement :
- sur le plan physique : difficultés sensorielles, en particulier de la vision avec une baisse de la sensibilité aux contrastes principalement. Diminution de la précision des gestes fins et de la sensibilité des doigts.
- sur le plan du fonctionnement intellectuel : une mémorisation un peu plus difficile, une lenteur du traitement de l’information, plus de difficultés à repérer l’info pertinente si elle est un tant soit peu noyée parmi d’autres, plus de difficultés d’adaptation aux changements, avec des stratégies d’adaptation aux problèmes rencontrés globalement moins performantes.
Il serait trop long de reprendre le document en détail, mais voilà en bref ce que j’en ai retenu sur le plan pratique :
- sur le plan matériel : favoriser la légèreté, adjoindre si possible un stand utilisable en position paysage, position qui s’est avérée la plus pratique et spontanément utilisée.
- L’écran tactile n’est finalement pas si facile à manipuler car trop sensible, mais aucune solution n’est proposée (utilisation d’un protecteur ?)
- La dépendance à un ordinateur ou le transfert physique de fichiers sont des contraintes, mais qui devraient finir de disparaître totalement avec iOS 5.
- Le clavier tactile semble poser de gros problèmes de façon générale, le retour haptique est un plus, ou du moins il faut activer le signal sonore de prise en compte de la frappe. La question de l’adjonction d’un clavier bluetooth n’est pas abordée dans l’étude.
- sur le plan de la lisibilité : un éclairage moyen à fort, des polices sans empattements, un affichage noir sur blanc pour la lecture (préférable à l’inverse), et bien entendu utilisation d’un maximum d’applications dont la taille des lettres est paramétrable facilement. Le pinch-to-zoom semble être adopté super facilement et utilisé en permanence. En revanche le zoom partiel offert par iOS, qui a pourtant l’avantage d’agrandir aussi les éléments graphiques, s’est avéré peu adapté dans cette population.
- sur le plan de l’OS : il se dégage des multiples exemples un avantage pour Android (c’était les versions 1.5 et 2.2 vs iOS 3 et 4) pour ses possibilités de personnalisation plus avancées, et tout bêtement ses boutons « retour » et « menu », qui facilitent la navigation dans les bureaux mais aussi dans les applications, dont le fonctionnement est du coup également plus reproductible que sous iOS. La possibilité d’avoir des icones au mieux verrouillées pour un meilleur repérage, de bonne taille, avec une signification et un titre clairs sont des éléments primordiaux.
- Sur le plan des applications : éviter au maximum ce qui nécessite des double-clics, se méfier de certaines applications phares dont l’interface est finalement peu adaptée (ex : les photos de l’application « photos » de l’ipad sont trop petites pour une prévisualisation), privilégier les applications pour lesquelles un minimum de clics est nécessaire au déclenchement de l’action. De manière générale les difficultés se pointent dès que l’ensemble des infos n’apparaît pas à l’écran (piège du scrolling horizontal, ou difficultés d’accès aux paramètres cachés (menus contextuels qu’il faut aller chercher). Les personnes sont logiquement en difficulté devant les actions non prédictibles, plus nombreuses apparemment que sur les versions PC des logiciels (infobulles au passage de la souris par exemple).
Flipboard pour les médias sociaux ou Bump pour l’échange de fichiers semblent avoir été utilisées avec succès. Si la plupart des difficultés ne sont finalement qu’une question de degré par rapport à celles que nous pouvons nous mêmes rencontrer (qui ne s’est jamais arraché les cheveux en essayant de cliquer pour corriger un texte sur son smartphone ?), le diable se cache aussi dans des détails plus difficiles à anticiper : par exemples des difficultés sont apparues avec le client mail de l’ipad qui enregistre les adresses automatiquement, alors que les personnes se trompent souvent en les écrivant… Globalement les conseils relèvent du bon sens basique, mais encore faut-il aller jusqu’au fond des choses et vérifier qu’aucune étape ne présente d’obstacle tel celui que j’ai cité et qui peut suffire à tout remettre en question.
Au final tout cela donne l’impression d’une entreprise pas aussi simple qu’on a bien voulu nous le faire croire (en particulier à la sortie de l’ipad). D’ailleurs, bien que les campagnes de pubs mettent souvent en scène des grands-parents utilisant leur tablette pour communiquer radieusement avec leurs proches, encore récemment le profil type des utilisateurs de tablettes restait l’homme jeune CSP+.
Mais l’entreprise ne semble pas non plus hors de portée, surtout que pour tout un tas de raisons plus ou moins vertueuses les acteurs qui se penchent sur la question sont nombreux, ce qui laisse espérer des progrès rapides au niveau matériel mais surtout des interfaces.
Reste que beaucoup de projets concernant cette population proposent plutôt d’utiliser la télévision connectée comme moyen d’accéder au net et aux services associés : écran large, familiarité avec l’objet et les télécommandes, les arguments ne manquent pas. Et si l’usage n’est bien entendu pas comparable et sans doute bien plus restreint, reste que je me demande si avec des périphériques bien pensés l’idée ne serait peut-être pas plus simple à mettre en place au moins comme étape intermédiaire, quitte à passer à la tablette en complément une fois les personnes familiarisées avec le système et les applications. A suivre …





« La Délégation aux Usages de l’Internet vient de publier un livre blanc »
tu dois être content ils pensent a toi!
tu va devenir bon.
J’ai quelques doutes quant à la pertinence de l’étude. L’informatique à l’usage des séniors et/ou des personnes handicapées n’est pas une nouveauté ; même si le format et l’usage des tablettes actuelles sont « nouveaux », il y a pas mal d’intervenants professionnels -les gens d’Ordissimo par exemple, mais aussi d’autres- qui auraient certainement mérité d’être consultés et/ou associés(car ils ont déjà un retour d’expérience conséquent).
Enfin bon, c’est un bon début, espérons qu’à l’avenir ce genre d’études seront plus poussées et plus appropriées, afin de permettre au plus grand nombre des « exclus » actuels d’avoir enfin un accès simple et pratique à l’informatique et au multimédias.
Au-delà d’un sujet au contenu intéressant, il serait judicieux de créditer l’illustration.
Ma suggestion vient du fait qu’il y a une pratique courante sur les blogs, c’est pomper un max de gauche et de droite, en ne citant pas toujours la source…. Il y a même ceux qui ne font que traduire les infos des blogs anglo-saxon et alimentent leur espace sans plus-value…. A contrario, Blogeee est du genre a toujours apporter son éclairage et sa vision des choses…
Il n’en demeure pas moins que les illustrations, même libres de droits, ont des auteurs qu’on pourrait a minima citer. Voire les restituer dans leur contexte pour en légitimer l’usage.
Ainsi, ce brave Simon Blazer fabrique en famille des supports en bois pour le iPad. Tout sauf le Papy pour lequel le iPad serait l’objet venant de la planète Mars et qui aurait besoin de se faire traduire en néerlandais la prose de la Délégation aux Usages de l’Internet …. Il se fait même du beurre avec les tablettes, et en famille !:
Pour le coup une autre photo de sa page aurait parfaitement illustré la suggestion de valoriser le iPad avec un support permettant une vue paysage pour les seniors..
Pour avoir eu deux reportages et un documentaire pillés sur Youtube (dont un avec suppression du générique de fin), et certains de mes articles avoir été recopiés in extenso par d’autres sans mon aval, voire réimprimés (signature gommée parfois), comprenez que le sujet des sources m’interpelle….
Simon Blazer, fabricants de supports en bois pour iPad, c’est donc ici :
http://www.woodenipadstands.com/press/
Rendre à César, chère Christine…..
Chère Christine,
En changeant de PC Je viens de m’apercevoir que le crédit de l’illustration est finalement donné…. Ce que je n’avais pas aperçu sur le navigateur de mon iPhone.
Seule manque le contexte de l’illustration qu’une vraie légende aurait apporté…
Pour le coup, vous pouvez annuler ces deux posts…
Mes respectueuses salutations…
@Mamzelle iTouch: la source est citée en bas de l’article : il s’agit d’une photo trouvée sur Flickr et j’ignorais totalement qui était cet homme au regard pétillant. Merci de m’avoir éclairée
Y a vraiment pas de mal, au contraire, c’est tout à ton honneur de défendre ainsi les droits d’auteur, et en plus tu m’a appris des trucs. Avec toi c’est jamais tiède ou complaisant et je trouve ça cool
@Mamzelle iTouch:
« Rendre à César, chère Christine….. » Outre le LOL de cette petite leçon de morale sur un blog qui cite systématiquement ses sources et va jusqu’à créditer lui même les photos que les auteurs ne watermarquent pas ( un exemple au hasard : http://www.blogeee.net/2008/06/tout-savoir-sur-le-msi-wind-premiere-partie/ Les textes en blancs sur les illustrations sont watermarkés par Blogeee ), je me permet de signaler que je suis responsable des illustrations d’intro des billets. Christine n’y est donc pour rien. Fin de la parenthèse.
J’aurais espéré que ce très bon billet attire plus de commentaires sur le fond plutôt que sur la forme. Tant pis, il aura eu son lot de tweets et de liens Facebook. Il a été beaucoup lu mais peu commenté, un effet estival sans doute.
Desole mais l’ordinateur (quel que soit sa forme) ne sera jamais une machine a laver.
De mon experience, certains retraites, qui ont encore la volonte de s’y mettre, y parviennent avec parfois de tres bons resultats. Ils sont plutot rares car -il faut bien le dire- le gros des troupes est aussi assiste que la generation d’actifs qu’ils ont procree !
N’y voyez aucun reproche : je peste depuis des annees contre des Directeurs des Ressources Inhumaines, incapables de comprendre la difference entre acheter une licence qui ne produit rien, et former son personnel qui lui produit quelque chose.
La formation des actifs incapables de maitriser leurs bases informatiques, me parait largement plus urgente, plutot que de vouloir « fabriquer » des usages a un stock de tablettes cheres et inutiles, en les refilant aux premiers grabateres venus.
C’est d’autant plus vrai qu’on peut parfaitement vivre heureux sans informatique, sans internet, ni meme reseau social. Ca s’appelle « la vie normale », et chacun y parvient tot ou tard.
@Chris29fr: d’accord avec toi, ils sont repartis de zéro sans se servir des expériences pc et c’est sans doute un tort.Sans se servir non plus des expériences faites avec dans le monde du handicap. D’ailleurs en passant il n’y a pas un mot sur tout ce qui est entrée vocale, sur Android ou par Dragon par exemple sur ipad ça m’aurait intéressée de savoir ce que ça pouvait ou pas apporter vu les difficultés avec le tactile.
Sinon, pour m’être un peu penchée sur le sujet, j’avoue que je bondis un peu quand on me parle des services pour les personnes âgées : autant je trouve super que des personnes âgées aient accès à tout ce que nous aimons faire sur nos tablettes (lire, surfer, communiquer etc …) et je conçois que ça puisse être une super distraction et un moyen de lutter contre l’isolement, autant je comprends aussi que pour des personnes réellement malades il y ait des applis bien pratiques (genre les alarmes pour les médocs, les détecteurs de chute via accéléromètre etc …)autant on sent que les éditeurs et prestataires surfent sur les peurs des personnes âgées (et de leurs enfants)concernant leur santé, vu que c’est un marché potentiellement super juteux. Du coup j’ai l’impression qu’ils font feu de tout bois : Y a des applis vraiment WTF, du genre où tu rentres tes résultats de prise de sang à la main : si quelqu’un peut m’expliquer à quoi ça peut bien servir à part t’éviter de te trimballer avec tes derniers résultats papiers quand tu pars en vacances ? Et puis aussi pour la trouille de l’Alzheimer : autant il est prouvé que c’est positif de faire fonctionner sa cervelle, autant je trouve un peu too much de vouloir vouloir fourguer à tout pris des logiciels d’entrainement cérébral super rébarbatifs : se tenir informer, lire, être curieux, faire des jeux traditionnels qu’on aime bien, ne pas déléguer ce qu’on peut encore faire même si on est plus lent ça marche aussi, et à mon avis niveau qualité de vie y a pas photo. Mais bon y a toujours eu des vendeurs d’encyclopédie peu scrupuleux …
Et puis proposer de nouvelles choses c’est sympa, mais faut pas trop insister non plus : les vraiment vieux sont pas souvent fans de nouveauté, un coup de fil tous les jours, des photos de leurs petits enfants arrivées par courrier et le journal local apportée par la gentille voisine qui leur a pris un steack au passage et restera prendre un petit café ça leur va bien aussi, vu comme ça a l’air un peu d’être la galère cet apprentissage faut vraiment réserver ça aux plus motivés et « verts » à mon avis. D’ailleurs si y a une assoc « Arrêtez de vouloir à tout prix mon bien, je veux juste vieillir peinard » je signe de suite
Excellent article et sujet passionnant vu le nombre de personnes âgées (que notre société s’efforce de ne pas voir malgré le nombre).
Il y a deux choses qui me font réfléchir dans cet article.
D’une part le clavier virtuel. C’est quand même difficile de l’apprivoiser sans même parler des corrections automatiques. En tentant de lister les activités qu’un senior pourrait avoir d’une tablette :
- Visionneuse de photo/vidéos de famille pré-stockés
- visioconférence pour rester connecter avec la famille
- Jeux / Lectures => peu probable
- web / Mail / Autres activités connectées => nécessite l’usage du clavier virtuel
Les activités connectées sont essentielles si on veut faire perdurer dans le temps l’intérêt de la tablette; Et elles sont conditionnées par l’utilisation du clavier virtuel. Je comprends donc le senior qui ne pourrait admettre l’intérêt de l’engin sans en maîtriser le clavier.
Autre chose, je me disais senior = mauvais niveau en informatique ???
Si c’est majoritairement vrai aujourd’hui, est-ce que cela sera encore le cas dans 10-20 ans ?
Le futur inciterait donc à insister sur l’interface adaptée aux sens déficients plutôt qu’à des carences en informatique. Ainsi, les problèmes du type ‘accès aux paramètres’ ne seraient que passagers en attendant une génération qui a connu (même de loin) le web.
Ping : Des seniors et des tablettes | blogeee.net | Chroniques digitales | Scoop.it
« obstacles importants à l’adoption des tablettes : (…) des difficultés à trouver un intérêt suffisant à la chose… »
Dans ce « doux monde de l’informatique » en perdition, heureusement que les vieux nous aident à remettre les pendules à l’heure.
L’écran d’une tablette est trop petit… Déjà un laptop 15″ avec une résolution de base (donc pas bien fine) est d’expérience problématique quand les 70 ans se rapprochent.
La TV connectée… Pourquoi pas, mais limitée à un portail du constructeur comme on la connait j’ai comme un doute: Avec l’abandon rapide des gammes, qu’attendre en prime de ces gadgets niveau maintenance?
Non, plutot qu’un iPad ou une TV connectée, ceux qui auraient tout intérêt à se saisir de ce marché sont les constructeurs de console de jeu: La durée de vie est supérieure à celle d’un ordinateur, toutes sont désormais connectées, la possibilité de développer des interfaces adaptées à un cout rendu très bas par leur grande diffusion est assurée via les manettes. Les wiimote sont d’ailleurs au coeur de bien des utilisations dérivées destinées aux handicapés. La connection sur grand écran lisible est assurée. Reste juste à un faire un véritable ordinateur d’appoint simplifié (navigateur web valable, client mail, visio type skype, possibilités de partage facile de documents/photos avec la famille éloignée).
Mais au fond, reste que la principale difficulté est encore souvent… de tout simplement mettre en place et maintenir dans le temps un accès internet résidentiel sans lequel rien n’est possible!
@Poulpor: d’accord avec toi (petite précision :la lecture semble une activité appréciée). Néanmoins 10-20 ans c’est long quand même comme période de transition, et la solitude et l’ennui de certaines personnes agées une réalité quotidienne, je me dis que si certaines sont ok pour essayer ça vaut quand même le coup.
Pour rester dans le sujet tablettes, il faudrait alors un OS commun à un console de salon et une tablette, ce qui est sans doute prévu, j’ai un peu dormi pendant l’E3 et les news Sony à vrai dire
Quant à la connexion, qui est effectivement un peu beaucoup la base, je suppose qu’effectivement la démarche de s’équiper à domicile n’est pas naturelle ni facile pour des personnes ayant des difficultés pour se déplacer à l’extérieur et qu’elle nécessite l’intervention active de la famille (avec des enfants eux-même souvent plus tous jeunes), et que d’autre part c’est pas demain que le wifi arrivera dans les chambres (ou juste le salon) des résidents de toutes les maisons de retraite …
@loy: J’ai été étonnée que la fatigue visuelle soit mentionnée (avec une gêne occasionnée par les reflets en particulier) mais d’une façon qui ne laisse pas penser que c’est un obstacle majeur dans le document Concernant la télé,en fait je me suis mal exprimée, je suis d’accord que les solutions propriétaires ne sont sans doute pas la solution à terme, je pensais plutôt à des tv sous Android ou WebOS par exemple, mais c’est un simple ressenti, je ne suis pas qualifiée sur le sujet.L’idée des consoles adaptées est vraiment séduisante, effectivement, j’irai me renseigner sur ce qui se fait déjà, merci
Bonjour, merci pour cet article très complet et intéressant.
Si vous cherchez des manuels assez complets pour initier des seniors à l’iPad regardez par ici (en anglais) http://amzn.to/q6zuRA
ou par ici (en français) http://amzn.to/otio6S
Il ne faut pas oublier que les buts de ces manuels et celui du livre blanc sont très différents.
Le but des manuels est d’aider les utilisateurs à adopter une technologie.
Notre but est plutôt d’aider la technologie à s’adapter aux utilisateurs.
Voici quelques éléments de réponse à vos remarques:
- Il est vrai que certaines recommandations relèvent du bon sens. Le Livre blanc se veut « grand public », nous l’avons pas chargé de données et résultats scientifiques, car ça nous paraissait pas logique de faire un document qui parle de lisibilité et accessibilité et qui n’est pas lisible et accessible au grand public. Mais rassurez vous qu’il s’agit du résultat ‘visible’ d’un vrai travail d’expérimentation.
Notre hypothèse de départ était que les recommandations faites par et pour les seniors sont valables pour tout le monde car nous vivons déjà la plupart des limitations cognitives et physiques qui vont s’accentuer avec l’âge.
Je vous renvoie à cet article pour un petit débat sur la question:
http://bit.ly/fwNpsB
- Concernant la taille réduite de l’échantillon c’est forcement le cas quand vous suivez des personnes de manière presque quotidienne.
Au contraire des études existants (ex: Nielsen) il ne s’agissait pas pour nous de présenter une tablette à des centaines de seniors pendant 1 minute et tester si le produit était intuitif ou pas, mais de suivre les utilisateurs sur la durée.
Ceci-dit, on serait ravi que d’autres laboratoires adopte la même démarche pour faire une étude plus vaste et encore plus représentative.
- le fait de se concentrer plus sur les aspects logiciels que physiques est un choix. Nous sommes persuadés qu’il est plus simple d’avoir un effet sur le développement logiciel que sur la construction des tablettes qui suit des logiques de production industrielle qui se décident sur le long-terme et sont difficilement modifiables. L’idée des recommandations est de donner aux développeurs des pistes pour développer des applications mieux adaptés aux usagers seniors. Comme vous le dite c’est déjà le cas pour certaines recommandations qui ont été implementées dans des versions récentes des OS.
Il reste cependant beaucoup de travail à faire, du côté de la recherche et du côte du développement. J’espère que toutes les recommandations seront désuètes d’ici quelques mois !
Encore merci pour votre analyse
Claudio Vandi
Merci beaucoup d’avoir pris la peine de critiquer (au sens noble) ce billet de non spécialiste, au grand bénéfice des lecteurs potentiellement concernés
Pour repréciser certains points : quand j’ai parlé de bon sens, il aurait été sans doute plus judicieux de ma part d’écrire que votre travail confirmait souvent ce que le bon sens, l’intuition nous conseillerait de faire (c’est du moins ce que j’ai ressenti à la lecture du document), ce qui est entièrement différent, tant sur le plan de la valeur théorique que pratique. Quant au côté accessible du document, le seul fait que j’aie moi-même réussi à le comprendre devrait constituer pour vous un élément bien rassurant
).
Sur l’échantillon des personnes : si je persiste à trouver que l’échantillon est quand même bien restreint, je n’ai sans doute pas suffisamment tenu compte de l’ampleur du travail et des moyens nécessaires pour suivre ces 30 personnes pendant 8 mois de façon rapprochée dans ma réflexion, sans parler effectivement de la valeur d’un véritable travail scientifique par rapport à tous les sondages et pseudos études dont nous sommes abreuvés dans le secteur IT (et dont certaines constituent même de purs moments d’humour absurde, ça fait d’ailleurs un moment que l’idée de faire un billet à ce sujet me trotte dans la tête
Et je comprends mieux maintenant l’inclusion de personnes relativement jeunes et apparemment parfaitement autonomes (une population disons non strictement gériatrique) dans votre idée que la plupart de ces conseils d’ergonomie pourraient également être repris par les développeurs à l’intention et au bénéfice de la population des grands débutants de façon plus générale, voire de l’ensemble des utilisateurs. En dehors du fait que j’aurais instinctivement tendance à approuver cette façon de voir (sur la partie qui ne fait pas référence aux problèmes purement physiques évidemment), croyez-bien que je regrette de ne pas avoir les connaissances nécessaires en neuro-psychologie pour pouvoir en discuter plus avant avec vous (différences de nature ou de degré, notion de seuil de handicap etc …) ça m’aurait passionnée. Du coup je me contenterai juste de rester à ma place et de vous faire entièrement confiance sur ce point comme sur les autres
Quant aux reproches faits sur le peu de recommandations matérielles, je comprends tout à fait devant vos arguments le choix pratique que vous avez fait de privilégier finalement le volet logiciel de l’étude. Je regrette évidemment que les constructeurs, sur ce secteur comme sur d’autres ne diversifient pas leur offre pour s’adapter à des marchés dits « de niche », y compris quand les dites niches représentent un pourcentage non négligeable de la population. Mais puisqu’il en est ainsi, je persiste à regretter l’absence d’un petit retour complémentaire sur les avantages et inconvénients matériels que vous avez sans doute relevés avec chacune des 3 tablettes que vous avez testées, ça aurait sans doute été super intéressant.
Ce qui n’empêche pas votre travail d’être déjà très riche d’enseignements, alors encore merci