Je m’étonne depuis longtemps de la faiblesse de l’interface de la plupart des logiciels de lecture sur tablette tactile. La plupart se contentent de singer le mouvement d’une page que l’on tourne à l’écran, de manière plus ou moins fluide, mais sans apporter le moindre avantage ergonomique pour l’utilisateur. C’est plus un argumentaire marketing, une preuve assez ridicule de la fluidité de la tablette qu’un réel outil de consultation. Cela pourrait heureusement changer rapidement.
Je ne connaissais pas le KAIST (Korea Advanced Institute of Science and Technology) avant cette info mais je dois reconnaitre que la vidéo ci-dessus montre que l’on a affaire à des gens ayant vraiment pensé à solutionner ce problème de lecture numérique
Une fois passé les premières minutes, l’usage d’un lecteur d’ebook actuel avec un effet de « page-qui-se-tourne » ne présente plus aucun intérêt. Le geste ne sert à rien si ce n’est à mettre en valeur les compétences graphique de la tablette : Il vaut mieux alors se tourner vers une solution singeant les vraies liseuses qui change de page en un clic.
Avec cette suite logicielle développée par le KAIST on change de registre et on pense plus à l’usager qu’aux fonctionnements esthétiques de la tablette. La suite logicielle suppose une tablette spécifique ayant une prise en charge tactile des bords de la tablette et non pas seulement l’écran. En imaginant des zones de détection prenant en compte la périphérie de l’écran sur quelques pixels on peut espérer un transfert de cette technologie sur toutes les tablettes.
Si on récapitule les fonctionnalités présentes dans cette vidéo on note déjà de nombreux points forts :
- Tourner intuitivement feuille à feuille les pages d’un livre.
- Faire défiler rapidement les pages de son livre comme on feuillette un magazine.
- Garder une page active mais avancer dans les pages suivantes (pratique pour consulter un document en annexe)
- Faire défiler les pages par 2, 3 ou 4 suivant le nombre de doigts posés à l’écran ou la vitesse du mouvement sur celui-ci (Lent, 1 page. Rapide, 4 pages) ou encore la durée de pression avant le mouvement.
- Aller à la page souhaitée en inscrivant son numéro directement à l’écran.
Toutes ses fonctionnalités semblent parfaitement maîtrisées et surtout réellement utiles pour le lecteur. Pouvoir accéder à une carte en troisième de couverture, faire un saut vers la page 110 depuis la page 12 de son bouquin et revenir rapidement. Ce sont de vrais handicaps sur les tablettes aujourd’hui où beaucoup de tâtonnements subsistent dans la navigation.
A noter que le travail effectué est basé sur des fonctions détournées du système de développement d’iOS. Le portage vers un système »libre » n’est donc pas possible pour le moment. Une seule chose compte, que cette technologie ne soit pas verrouillée par un brevet de constructeur la rendant totalement inexploitable pour les concurrents d’un système quelconque. Le KAIST a donc lui même déposé plusieurs brevets autour de ces technologies ce qui les rend exploitables par tous les systèmes ou logiciels s’acquittant d’une licence. Peut être que votre prochain logiciel de lecture sur tablette aura plus de fonctions que vous ne le pensiez.
Source The Verge







Superbe…Donc brevet donc il va falloir attendre….
superbe trouvaille, il y a vraiment des génies logiciels
@cxhx: Ben moi je suis Google ou Apple, je paye et j’ajoute ça ILLICO dans les fonctions de base de mon OS !
Superbe en effet, le lecteur de livres virtuels qui permet même de faire semblant de lire!
C’est beau le futur, des livres numériques qui non seulement ressemblent à des vrais livres, mais qui leur ressemblent encore plus que les vrais livres se ressemblent eux-mêmes!
@johnny: ok !
ah, ouais, pas mal du tout..
Il faut cependant surement un délai avant de manœuvrer le tout parfaitement.
Navré de taper l enthousiasme.
Mon plaisir de lecteur me dit de rester sur le bouquin.
Je reste récalcitrant. Trop robotique cette affaire. Il manque du charnel, du vivant la dedans.
Dommage car la bibliothèque numérique est bien plus confortable.
J’ai passé un an au KAIST, des bons souvenirs.
@elro: L’un n’empêche pas l’autre et heureusement. personne n’oblige à choisir
mouais, jolie démo technologique mais dans le côté ergonomie d’une liseuse j’ai des doutes.
surtout qu’avec les écrans souples, les liseuses ressembleront plus à des magasines et donc le côté rigide des bord utilisés dans cette démo va s’effacer.
@laurange: Oula tu vises quelle perspective ? 2015 ? 2020 ? Moi je vois là quelque chose qui peut s’implanter dans l’année sur une tablette
Cela n’existais pas avant ??
Je n’ai pas encore craqué pour une tablette. Si je comprends bien, on est actuellement condamné à changer de page une par une sur les tablettes.
Je pensais que le cap du « faire joli pour vendre le produit » était passé et que les constructeurs était déjà sur « faire fonctionnel utiliser le produit » … que je suis vraiment naïf !
@Mothas:
Ben, tu peux aussi accéder à la table des matières ou entrer directement le niveau de page où tu veux te rendre.
Mais impossible de « flâner dans le livre » effectivement.
A part pour les livres scolaires (pas encore au point de toute façon sur tablette, mais ça vient cf la présentation Apple récente), tourner les pages une par une représente quand même 90% de l’usage d’un livre. Je suis d’accord que ce sont les détails qui rendent l’expérience intéressante, mais un roman ça se lit quand même page par page…et pour les essais avec renvois de notes ou diagrammes en annexe, il y a des liens hyper-textes.
Le numérique doit s’inspirer du réel quand c’est utile ; ici c’est bien fait. Mais sinon il n’y a aucune raison qu’un livre numérique s’inspire à 100% du modèle qu’il remplace…
Certes, ça parait convaincant et sympathique. A mon avis, continuer de faire semblant de tourner des pages n’est pas une solution. C’est une solution qui continue à démontrer que l’interface du livre est plus efficace que celle du numérique. Nos navigateurs ont inventé des onglets pour passer d’un document l’autre, d’une page à l’autre. Des sommaires permettent de mettre en avant les différentes parties, comme on en trouve dans certaines applications, permettant d’aller dans un contenu et de s’arrêter sur les passages qui nous intéressent… C’est certainement une voix bien plus prometteuse.
@Hubert Guillaud: L’un n’empêche pas l’autre.
Mon fils de 2 ans apprends a tourner les pages d’un livre en ce moment. Il essaye, il a du mal, il plie la page au milieu en posant sa main entière dessus… Ça coince, ça se plie, ça marque… Il apprends et nous on oublie que l’on a appris.
Il joue aussi avec une tablette, pas à lire hein. Mais il apprends autant a s’en servir. Avidement.
L’intérêt ici est de parler au néophyte pur, à celui que le mimétisme rassure ce qui n’empêche absolument pas de travailler à lui enseigner d’autres choix, d’autres options et a finalement évoluer vers des usages plus complets et forcément plus adaptés au modèle électronique.
Un apprentissage naturel, par mimétisme et ensuite une évolution par des options propres au numérique, c’est moins brutal et peut être plus poétique et agréable à l’oeil que la froide efficacité des onglets d’un instrument aussi taillé pour l’efficacité et l’efficacité seulement qu’un navigateur.
Il y avait un article de fond sur les liseuses sur un blog du journal Le Monde l’autre jour, qu’en dit-on chez blogeee.net, une analyse, des remarques?
http://lafeuille.blog.lemonde.fr/2012/01/19/usages-des-liseuses-2/
@johnny: Les liseuses sont un sujet très vaste et à part du monde tablette. Difficile de s’intéresser à trop de trucs à la fois sans montrer une certaine incompétence. Je laisse ça aux nombreux spécialistes qui existent sur la toile : Mais j’ai lu ça avec attention.
a noter que l’auteur commente juste au dessus
Excellentes remarques sur le rapport analogiques aux choses par Monsieur Pierre… Très Apple comme vision…. On comprend mieux la réussite des ventes de sa tablette que viennent de confirmer les nouveaux résultats de la firme. Dommage que son éco-système avec une logithèque incomparable soit si peu abordé par ici.
Outre un bon hardware, tout le secret de la réussite est dans des applications ergonomiquement appliquées au tactile : iBooks ( nouvelle mouture encore enrichie), Pages, Keynote, Numbers, Garageband… Produits dont retrouve des applis identiques en plus musclé pour son Mac dans une cohérence globale plutôt efficace et sympathique…
Et que dire du nouveau et gratuit iBooks Author (sur Mac seulement) qui va permettre la création facile de livres multimédias interactifs vers iPhones et iPads et booster la micro-édition indépendante… Déjà un must de simplicité et de puissance sans équivalent ailleurs ! En avez-vous parlé ?
Sns oublier que l’iPad 3 va venir prochainement confirmer l’excellence de cette vision qui bouscule tant le paysage de l’informatique mobile…
Ah, quand le lyrisme nous emporte ! Nous obligeant à avouer que ce qui est geek et tricky n’est pas forcément le plus efficace pour les masses.. Ce que l’enfant vient nous rappeler dans sa quête de l’évidente simplicité !
Encore merci !
En marge du sujet, concernant plus largement l’ergonomie sur tactile : je suis un peu le projet Taposé depuis le départ, et j’ai découvert à cette occasion avec étonnement que les limitations imposées par Apple au niveau des interfaces étaient vachement importantes, plus que je ne le pensais, et je me demandais si pour le coup ils avaient vraiment raison : Est-ce que vraiment il y aurait risque de perte d’ergonomie ou de moins bonne expérience utilisateur en autorisant par exemple le multi-fenêtrage ? (visiblement c’est ce qui a bloqué la validation de l’app si j’ai bien compris)(c’est un univers que je ne connais vraiment pas vu que je n’ai pas d’ipad)
http://tapose.com/apples-review-of-tapose/
(ils ont été rejeté mais ils devraient passer en appel je pense, j’ai pas de point de comparaison mais j’aime bien leur video promo)
Partiellement comparable à Taposé, mais (entre-autres) le glissé-déposé en moins, il y a une application gratuite qui mériterait un article (si ce n’est déja fait) et qui s’appelle Springpad.
On l’utilise sur tout nzvigzteur Web plus dans des applications dédiées pour iOS et Android. Le service et les applications sont gratuits pour ce qui est un agrégateurs de notes, de RDV, d’articles piochés sur le Web, de films à voir,d’achats à faire, de lieux à visiter, de restos sympas… Le tout relié aux réseaux sociaux Twitter et Facebook.
L’interface est assez réussie… On peut créer des blocs notes récapitulatfs avec une zone bureau dans chacun pour y punaiser les infos clés du moment, on peut tagger les notes diverses, les partager entre plusieurs bloc-notes….
Un outil sympatique multi-plateformes que je recommande vivement.
Sa seule grande lacune est de ne pas être francisé, mzis il est très intuitif…
http://www.springpad.com
Suis-je le seul a ne pas saisir l’intérêt de l’immitation d’un livre papier ?
A support numérique interface numérique non ? Partout, dans toutes les applications qui imitent nos objets papiers (lecteurs ibook, calendriers, calculettes, notes, etc…) on nous fait le coup du « vous allez ouvrir votre bibliothèque » ou « vous allez écrire sur un post-it »… mais nan on ouvre un fichier texte, on ouvre un bloc note où on va y écrire des caractères…
C’est quoi le délire de prendre les gens pour des cons ?
Apple en tête…
@Duboudin
« Suis-je le seul a ne pas saisir l’intérêt de l’immitation d’un livre papier ?
A support numérique interface numérique non ? »
C’est à cause de ce genre de raisonnement que des millions de gens sont réfractaires à l’informatique et au numérique.
Comme l’a dit Pierre dans un de ses commentaires, apprendre des gestes, avoir des réflexes d’utilisation, prends des années! On commence très jeune à apprendre à se servir d’un livre.
Les utilisations d’ »interfaces numériques » comme vous dites, sur une tablette, demandent un apprentissage trop long par rapport au bénéfice que l’on peut en tirer.
Si les tablettes avant l’iPad ont été des bides commerciaux, c’est bien parce qu’elles demandaient une logique d’utilisation d’informaticien. Les outils proposés n’étaient pas ergonomiquement conçus pour des tablettes.
Sur des ordis ou sur le web, même quand on développe des logiciels spécifiques, on se base sur des références ergonomiques qui ont mis plusieurs années parfois à s’imposer (les listes déroulantes, les onglets, les fenêtres,…) pour que l’utilisateur puisse s’y retrouver.
Ici, les références sont tactiles. Il est donc normal de se référer aux usages tactiles du quotidien.